Les errances de Mélanie:
Mélanie Siffert est née en 1851 à Düdingen (Suisse),
dans le canton de Fribourg, de François Antoine
Siffert et de Marie Magdeleine Jägly. Son grand-père, Pierre
Siffert, médecin, était également le syndic de Kleine
Gürmels. Sa grand-mère est une Diesbach de Wünnewil, branche illégitime issue
des de Diesbach de Mézières.
On ne sait ni quand ni pourquoi, Mélanie
a quitté la Suisse pour s'établir à Marseille. Etait-elle
seule ou accompagnée ? La pauvreté des documents d'archives gardant une trace d'elle
nous réduit à quelques hypothèses.
A Marseille, Mélanie exerce la profession de couturière.
Sa trace est difficile à suivre : elle change fréquemment
d'adresse. Mais le 8 août 1881, au 65 rue de la République,
elle accouche d'un premier enfant, qu'elle refuse de reconnaître
. L'enfant sera inscrit comme fils de parents inconnus sous le nom de Barthélémy
Elme, deux jours plus tard, sur la déclaration de la sage-femme
Marie Risso. Mélanie avait alors trente ans. Vit-elle réellement
dans cet appartement rue de la République ? C'est peu probable,
car le recensement de 1881 ne la mentionne pas. Du reste, la maison sise au
65 rue de la République à Marseille se composait alors de nombreuses petites
chambres de bonnes où les ouvrières, presque toutes célibataires, vivaient seules
ou à plusieurs.
Mélanie aura ainsi deux autres enfants, deux filles, qu'elle
abandonnera l'une après l'autre : tout d'abord Paule Marie Thérèse
Hersende, née le 8 septembre 1888, puis Marguerite Elise Elvire, née
le 22 juillet 1893. On ne sait pas avec certitude pour quelle raison Mélanie a ainsi abandonné
ses trois enfants. Leur père serait, selon la légende familiale, un certain Achard,
représentant en parfumerie. Ce dernier, qui vivait sans doute avec elle une liaison
extra-conjugale, se serait opposé à la reconnaissance des trois enfants.
Quoi qu'il en soit, on peut supposer que Mélanie n'a jamais véritablement
renoncé à ses enfants. Lors de leur abandon, elle a visiblement
choisi elle-même le prénom qu'ils porteraient, leur donnant un second prénom
assez rare - Elme, Hersende et Elvire - comme pour être sûre de les retrouver après leur placement.
D'autre part, Mélanie a reconnu ses enfants en 1901. Barthélémy
avait alors vingt ans. On ignore enfin où et quand elle mourut. Insaisissable et discrète,
sa figure continue de planer sur une famille à qui elle a donné son nom et dont elle a choisi
l'implantation géographique en quittant Fribourg.
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